CoP-MfDR-Africa

Lundi, le 16 juin, 2008


Chères et chers membres,

Comme annoncé, nous allons démarrer la discussion en ligne en français en matière de la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) avec un premier thème réservé à :

La Planification Intégrée de Développement

Lors de la discussion en anglais sur ce même thème, qui a déjà eu lieu, plusieurs points intéressants ont été évoqués. Dès que le résumé de cette discussion est disponible en français, nous vous en informerons. Ci-après, vous trouverez déjà un nombre d’aspects clés soulevés, y compris quelques questions précises pour faire démarrer la discussion en français.


Plans de développement

L’approche de formuler des objectifs globaux de développement et de les rendre opérationnels jusqu’au niveau de la mise en œuvre facilite la production de résultats d’une manière plus systématique. Cette approche renforce également l’élaboration et la mise en œuvre d’un système de suivi et d’évaluation ciblé sur les résultats. Cela suppose l’utilisation de modèles logiques.

Le défi est d’établir des liens logiques, non seulement au niveau indiqué ci-dessus (objectifs globaux- stratégie de la mise en œuvre), mais aussi entre la performance au niveau de l’organisation et même de l’individu d’une part et ces objectifs globaux de développement d’autre part.

Questions

1. Quelles sont vos expériences en matière de la planification de développement axée sur les résultats (effet, impact) ?

2. Comment établir des liens clairs entre vos propres actions, les actions de votre organisation et le niveau des objectifs globaux de développement ?


Liens Plans de Développement et Vision, Ressources et Suivi/Evaluation

Les liens entre les Plans de Développement et la Vision ne sont pas toujours bien établis.

Plusieurs pays ont adopté des Cadres de Dépenses à Moyen Terme (CDMT). Cependant, ceux-ci ne sont pas toujours synchrones avec les Plans Nationaux de Développement (durées différentes, difficultés d’obtenir des estimations fiables au niveau des revenus/ de l’enveloppe disponible, etc.).

Une bonne planification est une condition nécessaire bien que pas suffisante pour bien réaliser des résultats (Effet, Outcome). Cela demande aussi une mise en œuvre efficace et un bon système de suivi & évaluation.

Questions

3. Quelle est votre expérience concernant l’existence des liens entre les Plans Nationaux de Développement et les documents ‘Visions’ (souvent sur 20 ans) ?

4. Est-ce que la perspective moyen terme (nécessaire pour réaliser les effets et l’impact) se traduit aussi dans une allocation des ressources à moyen terme ? Quelle est votre expérience avec les liens entre la planification (Plan National de Développement) et la budgétisation (y compris la synchronisation entre les deux) ?

5. De façon générale, une bonne planification est-elle accompagnée d’une mise en œuvre systématique et un bon système de suivi et d’évaluation ?


Compétences et capacités de mettre en œuvre la GAR

Questions

6. Quelle est votre expérience par rapport aux compétences nécessaires permettant la mise en place d’une approche GAR ?

7. Comment renforcer la collecte et l’analyse des données (au niveau des résultats) ?


Etudes de cas

8. Avez-vous des expériences spécifiques à partager avec les collègues (étude de cas, surtout au niveau pays/national) ?

Nous vous invitons sincèrement à contribuer à cette réflexion sur la Gestion Axée sur les Résultats en général et les questions mentionnées ci-dessus en particulier. Quand vos formulez une réaction à une question précise, veuillez spécifier de quelle question il s’agit.

Nous nous réjouissons de vous lire et nous vous remercions d’avance pour vos réflexions et partage !

Vos facilitateurs

Herman Snelder, Melinda Wezenaar, Dick van Blitterswijk

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Replies to This Discussion

Chères et chers membres,

Comme promis lors du lancement de la CoP francophone, vous trouverez ci-joint le résumé en français de la discussion anglophone sur la Planification Intégrée de Développement. Nous vous invitons vivement à le lire.

Les éléments et questions mis en avant lors du lancement de la CoP francophone ont été inspirés largement de la discussion anglophone. Aussi ce résumé vous donnera plus de background et pourra certainement alimenter votre réflexion. Soyez les bienvenues de partager le résultat de votre reflexion!

Cordialement,

Dick van Blitterswijk et Melinda Wezenaar
Attachments:
Bonjour à tous,
Je me félicite du démarrage de la discussion entre francophones sur le thème "planification intégrée pour le développement, axé sur les résultats.

Je voudrais partager avec vous, l'expérience du Sénégal en la matière.

Il me plait de souligner qu'il existe au Sénégal, plusieurs instruments de planification, mais pas suffisamment intégrés. Il s'agit notamment du plan national de développement économique et social (PNDES), du document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), du cadre de dépense à moyen terme (CDMT) et autres programme sectoriels.

Une prospective du genre "Sénégal 2020 ou 2030" n'est pas encore disponible, mais est prévu par la Direction Générale de la Planification Nationale, relevant du Ministère de l'Economie et des Finances

Aujourd'hui, le DSRP "deuxième génération" peut être considéré comme programme phare qui intègre la vision et les grands axes du développement. Ce document a été adopté pour la période 2006-2010, en vue d'éliminer la pauvreté à long terme grâce à une politique économique et sociale permettant de relever significativement ses performances et de placer le pays sur la voie du développement humain durable et de l'émergence. Le DSRP peut être ainsi considéré comme un instrument de planification intégrée pour le développement.

En effet, il comprend quatre axes correspondants à des programmes sectoriels :
- l'axe 1 " création de richesses" est soutenu par la stratégie de croissance accélérée définie à travers un plan sectoriel de développement des potentialités économiques du Sénégal ;
- l'axe 2 "accroissement de l'offre des services sociaux de base" intègre le plan de développement de l'éducation et de la formation (PDEF), le plan national de développement sanitaire (PNDS), le plan sectoriel eau, etc. ;
- l'axe 3 "la protection des groupes vulnérables" correspond pour l'essentiel au plan national de protection sociale ;
- l'axe 4 " bonne gouvernance, développement décentralisé et participatif" intègre le programme national de bonne gouvernance (PNBG) et le plan national de développement local (PNDL) et autres programmes et projets de développement participatif.

Pour chaque axe, un plan d'action prioritaire annuel (PAP) est défini. A cet effet, un dispositif de suivi est organisé autour des administrations chargées de la mise en oeuvre des programmes sectoriels, avec une forte implication des représentants du secteur privé et de la société civile. Aussi, une revue annuelle est-elle présidée par le Premier Ministre, en présence des membres du Gouvernement et des partenaires techniques et financiers, pour faire le bilan d'étape.

Cette approche participative permet d'apprendre des expériences vécues par les uns et les autres et de tenir compte, à chaque fois, des leçons du passé, pour faire des progrès.

Cependant, beaucoup d'efforts sont à faire, pour la mise en cohérence entre les activités, résultats et indicateurs prévus dans le DSRP et les programmes sectoriels. Mais avec la création d'une agence nationale de la statistique et de la démographie et la mise en place d'un dispositif de suivi-évalutaion, des efforts seront réalisés en matière de collecte et de traitement des données pour parvenir à des informations fiables, permettant de renseigner les différents indicateurs définis au niveau de chaque axe.

Il y a lieu de souligner que cette approche de planification intégrée ne va pas jusqu'à la définition de contrats d'objectifs individuels pour les agents de l'Etat. Des plans annuels de performance par service n'existent pas pour le moment. De tels outils auraient portant permis de mesurer les performances réalisées aussi bien par les administrations que les individus.

Dans cette perspective, il serait également possible d'assurer la mise en cohérence entre les résultats individuels, les résultats par centre de responsabilité et les résultats définis au niveau national.

J'ai relaté cette expérience pour vous présenter ma compréhension de la planification intégrée pour le développement, en espérant recevoir les commentaires des uns et des autres et de faire prochainement une intervention qui portera sur le cadre de dépense à moyen terme.
Abdou Karim LO,
Expert au Programme National de
Bonne Gouvernance du Sénégal,
Président Intérimaire du groupe francophone
du Cop MfDR Afrique
Tél : 221 33 889 96 68/77 636 32 71
Bonjour M. Abdou Karim Lo,

Nous vous remercions vivement de votre contribution approfondie et intéressante !

Comme votre réflexion l’indique, des initiatives importantes ont été prises au Sénégal afin de réaliser une réelle/meilleure Planification Intégrée de Développement axée sur les résultats.

Ceci à différents niveaux et notamment :
- un DSRP deuxième génération comprenant quatre axes correspondants à des programmes sectoriels.
- un Plan d’Action Prioritaires annuel par axe
- un dispositif de suivi autour des administrations en charge des programmes sectoriels
- une revue annuelle presidée par le Premier Ministre avec les différents acteurs concernés pour faire le bilan d’étape
- et de nouvelles initiatives pour améliorer la collecte et le traitement des données (création d’une agence nationale de la statistique et de la démographie, dispositif suivi-évaluation).

Dans votre contribution vous indiquez une forte implication du secteur privé ainsi que de la societé civile dans la mise en œuvre des programmes sectoriels.
Comment les administrations chargées de la mise en œuvre de ces progammes s’assurent-elles de l’atteinte des résultats planifiés compte tenu de cette diversité d’acteurs?

De plus, est-ce que vous observez une intégration graduelle de l’approche Gestion Axée sur les Résultats dans la pratique quotidienne (« culture GAR »), même si des plans annuels de performance par service et des contrats d’objectifs individuels n’existent pas encore ?

Nous espérons que vous continuerez à partager votre expérience et réflexions via ce medium de la Communauté de Pratique. Votre intervention prochainement sur le CDMT sera la bienvenue d’autant plus que nous lancerons bientôt le thème de la Budgétisation axée sur les Résultats! Par ailleurs, nous attirons aussi votre attention sur le fait qu’un 3ème thème à lancer ultérieurement concerne le système de performance du personnel. Ceci pourra vous interesser davantage compte tenu des efforts encore à faire pour le Sénégal dans ce domaine.

Une fois de plus, un grand merci pour votre participation et contribution interessante. Qu’elle inspire et motive aussi d’autres membres de notre Communauté de Pratique à contribuer !

Melinda Wezenaar et Dick van Blitterswijk
Bonjour monsieur Lo
Je travaille dans une organisation qui intervient surtout au niveau meso c'est à dire intermédiaire entre le niveau national et le niveau communautaire. Nous renforcons notamment les communes dans l'élaboration de leur planification qui prend en compte les OMD ce qui n'est pas une petite affaire car comme vous le savez les statistiques fiables et désagréges sont très difficiles à avoir au niveau des communes.
Un autre point que je voudrais souligner est le fait que plusieurs partenaires au développement ne sont pas très disponibles à intervenir/financer la recherche de statistiques fiables à ce niveau ce qui ne rend pas facile le processus de planification communal.
Dans le cadre de cet excercise nous avons essayé d'impliquer le secteur privé mais cela n'a pas été facile. Comment les impliquer dans tout ce processus?


Brigitte Dia
Bonjour Brigitte Dia,

Un grand merci pour votre contribution! Effectivement, les données fiables et désagrégées au niveau commun ne sont pas souvent disponibles, ce qui ne facilite pas le suivi et l’évaluation à ce niveau. L’utilisation des indicateurs OMDs (voir les indicateurs OMDs disponibles) pourrait faciliter la collecte des données et la comparaison aux données nationales, mais il est bien vrai que cela nécessite un effort supplémentaire au niveau du suivi.

Monsieur Lo fait référence à la création d’une agence nationale de la statistique. Des initiatives similaires -renforcement des capacités de collecte et d’analyse des données- sont en cours dans plusieurs pays. Néanmoins, cela ne se traduit pas encore dans une meilleure disponibilité d’information au niveau commun à court terme.

Il est à ce moment-là d’autant plus important d’intégrer le suivi le plus possible dans le travail ‘de tous les jours’. Cela fait non seulement gagner du temps, mais peut également et surtout motiver les collaborateurs impliqués. A plus long terme, nous devons espérer que les efforts entrepris par les gouvernements et les bailleurs pour améliorer le niveau de collecte et d’analyse des données apporteront des pistes de solution.

Melinda Wezenaar et Dick van Blitterswijk
Bonjour
Par rapport à la Gestion axée sur les résultats je voudrais partager avec vous une expérience que j'ai eue sur le terrain.
Dans le cadre de nos interventions au niveau communal, nous appuyons les maîre dans l'élaboration et la mise en euvre de leur plan de développemnt communaux. Un module sur la GAR leur a été dispensé à cette occasion.
Quelques mois après dans le cadre du suivi des interventions nous sommes allés sur le terrain demandé au maire ce qui a été fait.
Il nous a beaucoup parlé de ce qu'il avait retenu de la formation GAR et il nous a montré des exemples.
une école avait été construite par l'Etat dans sa commune mais elle n'était pas féquentée car trop loin de la population. La commune sur fonds propres et appui de quelques partenaires a été obligé de construire une autre école dont les classes sont sur bondées. Avec beaucoup de fierté il nous a dit "quand on veut construire quelque chose il faut pas le faire en fonction d'une carte scolaire mais bien réfléchir sur les résultats.

Je voudrais aussi réagir sur la vision. Toujours dans le cadre de notre appui aux organisations de niveau méso nous formons les leaders de ces organisations en leadership. Des modules ont été élaborés en ce sens et au cours du premier module nous mettons l'accent sur la vision. Je dois dire que dans le cadre de ces formations je me suis rendue compte qu'il est souvent difficile pour nos leaders de parler de vision. Que se passe t-il? Es-ce le fait que nos leaders sont amenés à gérer l'urgence qu'il est difficile pour eux de se projeter à plus long terme?

Brigitte Dia
Bonjour Brigitte Dia !

Une fois de plus, nous vous remercions vivement pour votre participation active, ce qui est très appréciable !
L’exemple du maire est certainement illustratif.
En même temps il est intéressant de réfléchir plus loin en mettant cet exemple dans le contexte de votre deuxième observation : est-ce que le maire projette déjà à plus long terme ou la construction de l’école (y compris son utilisation) rentre elle toujours dans une planification relativement court terme ?
En d’autres mots, la construction d’écoles fait certes partie de la vision de la plupart des leaders, mais il est vrai aussi que les plans de développement intégrés nécessitent une vision encore plus large.

Le ‘leadership’ joue certainement un rôle clé dans la gestion axée sur les résultats. C’est notamment une des raisons pour laquelle la Banque Mondiale est en train de préparer le troisième « sourcebook » sur ce sujet (et qui sera présenté au Ghana, HLF III, 2-4 Septembre).

Melinda Wezenaar et Dick van Blitterswijk
J'aimerai réagir par rapport au plan de développement notamment pour ce qui concerne le Link entre les actions des programmes de développement et les stratégies nationales.
Cette question a toujours été abordée avant l'introduction de la GAR où des projets parfois intervenant à des niveaux inférieurs et surtout en ne couvrant qu'une petite partie d'un espace géographique donné, se donne comme objectif par exemple de lutter contre la pauvreté ou même de rehausser le niveau de l'indice de développement humain.
C'est un aspect à mon avis qui mérite des discussions car malgré la GAR, certains tombent dans le même piège. Or, avec l'application de l'approche GAR et l'utilisation de ses outils particulièrement la chaîne des résultats, nous sommes censés voir le lien le plus plausible de nos contributions et rester totalement cohérent avec le principe de causalité.
Ainsi (en principe), une bonne modération de discussion d'un processus d'élaboration de chaîne de résultats doit conduire à une bonne détermination des effets induits par l'utilisation des produits que nous livrons aux bénéficiaires et ressortir ainsi le niveau d'impact dans lequel nous contribuons le plus probablement.
En dehors de cet aspect lié aux projets et programmes de développement, nous avons également l'absence de stratégies sectorielles et leurs déclinaisons en des programmes prioritaires à travers lesquels les projets et les programmes chercheraient à trouver leur "ancrage" pour mieux établir les liens en terme de contribution. A certains niveaux la stratégie existe mais non déclinée en programmes opérationnels.
En troisième position, la difficulté réside dans le fait que certains projets et programmes de développement ont été initié avant l’élaboration de la stratégie sectorielle. Après quoi, le projet ou le programme se trouve dans la difficulté de s’orienter parfaitement pour mieux glisser dans la stratégie fédératrice et se retrouve totalement désorienter.
Toutes ses faiblesses sont liées d’abord à la capacité des pays à se doter de stratégies pour tous les secteurs et à enclencher un vrai dialogue avec les opérations en cours pour trouver les articulations et les passerelles nécessaires afin qu’avoir un front commun d’actions pour le développement.
Avec un grand merci à tous ceux qui ont activement participé, nous allons clôturer ce débat sur La Planification Intégrée de Développement (pour l’ instant!) avant de démarrer une nouvelle discussion sur « La budgétisation axée sur les résultats ».
Vous êtes bien invité à prendre connaissance du résumé de cette discussion (en annexe) ou de revoir le débat entièrement.

Dick van Blitterswijk
Attachments:
Merci Monsieur Dick pour la coordination de cette discussion.
A l'ouverture de la discussion, nous n'avons pas eu l'opportunité d'y participer. Nous avons réagi vers la fin de la discussion mais nous seront disposé à débattre du nouveau thème (La budgétisation axée sur les résultats).
Merci aussi à tous ceux qui ont apporter leur contribution à nous éclairer sur leurs expériences combien enrichissante.
Monsieur Sani,

Merci pour votre reaction rapide! Nous vous remercions également de votre contribution intéressante vers la fin de la discussion !
J'ai essayé de résumer votre contribution (veuillez bien voir l'annexe "Résumé PID", aussi vers la fin).

Je souhaite vivement que cette clôture de cette première partie (pour le moment!) ne vous décourage pas! Egalement, je vous invite sincèrement à contribuer à la suite de la réflexion sur la Gestion Axée sur les Résultats en général et la budgétisation dans ce contexte en particulier.

Merci!

Dick van Blitterswijk

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